Série du Pape Shenouda III
6
MEDITATIONS
SUR
LA FETE DE L’ASCENSION
PAR SA SAINTETE AMBA SHENOUDA III
PAPE ET PATRIARCHE D’ALEXANDRIE
ET DU SIEGE APOSTOLIQUE
DE TOUTE LA PREDICATION DE SAINT MARC
L’EVANGELISTE
TRADUIT DE LA SECONDE EDITION ARABE
DE JUIN 1999
PAR MELEKA HABIB YOUSSEF
2004
Nom du livre: Méditations sur la fête de l’Ascension
Auteur: Sa Sainteté le Pape Shenouda III
Seconde Edition: Juin 1999
Imprimerie: (Offset) Amba Rueiss – La Cathédrale – Abbassia
Déposé à “La Librairie” Dar Elkotob sous le No:
7225/1997 I.S.B.N. 977 – 5345
Numérotage international: L.S.B.N. 977 – 5345 – 41 - 3
Tous les droits sont réservés à l’auteur
SA SAINTETE LE PAPE SHENOUDA III
PAPE ET PATRIARCHE D’ALEXANDRIE
ET
DU SIEGE APOSTOLIQUE
DE TOUTE LA PREDICATION DE L’EVANGELISTE
SAINT MARC
LA COUVERTURE DU LIVRE
AU NOM DU PERE, DU FILS, ET DU SAINT-ESPRIT,
AMEN
Dans ce livret, vous lirez:
• La manière de l’Ascension
• Le corps glorieux n’est pas contre la gravitation terrestre
• Preuve de Sa Divinité
• Signification de l’assise à la droite du Père
• Il n’a pas quitté l’Eglise dans son Ascension
• L’opération du sevrage des apôtres
• Son Ascension est le gage de notre ascension
• Méditations sur l’Ascension
• La vie spirituelle est une ascension
• La sagesse des dix jours
LE PAPE SHENOUDA III
PREFACE
J'ai le plaisir de vous présenter ce livret sur la glorieuse fète de l’Ascension. Je vous y parlerai de:
*L’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ a été corporelle.
*Elle a été une ascension avec un corps glorieux, et non pas une ascension contre la gravitation terrestre.
*Que signifie son Ascension sur les nuages; et son rapport avec les nuages?
*L’Ascension est une preuve de Sa Divinité, et la fin de son “dépouillement lui-même”
*Que signifie son assise à la droite du Père?
*Notre-Seigneur Jésus-Christ n’a pas quitté son Eglise lors de son Ascension
*Son Ascension a été une opération de sevrage de ses apôtres.
*Son Ascension est le gage de notre ascension vers Lui.
*Méditations sur l’Ascension; et leçons de la gloire de l’Ascension.
*La vie spirituelle toute entière est une ascension.
*La sagesse des dix jours entre l’Ascension et la Pentecôte
Le Pape Shenouda III
L’Eglise célèbre la fête de l’Ascension le jeudi quarantième jour de la Résurrection de Notre-Seigneur. Nous désirons méditer ensemble ce qu’il y a de significations spirituelles dans cette fête, afin de la célébrer profondément, en comprenant le sens de ce qu’elle comporte d’intuitions.
Notre-Seigneur passa quarante jours après la Résurrection avec ses apôtres. Il leur fit ses adieux le quarantième jour, et Il leur promit qu’ils recevront une puissance quand le Saint-Esprit sera survenu sur eux.
(Actes 1:8)
“Après avoir dit cela, Il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’Il s’en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, (deux anges), et dirent: “Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel.” (Actes 9:11)
Qu’elle est donc notre médiatation sur cette Ascension?
La Fête de l’Ascension est une fête seigneuriale, son miracle se rapporte uniquement à Notre-Seigneur.
Cela veut dire qu’elle comporte un miracle qui n’est jamais arrivé à un être humain, mais qui se rapporte au Seigneur Lui seul: comme la naissance d’une Vierge, et comme sa Résurrection par la puissance de sa divinité, et sa sortie du sépulcre fermé, et comme la Transfiguration sur le mont Tabor. C’est ainsi que fut son Ascension et son assise à la droite du Père.
Il s’éleva Lui-même, et non pas comme Elie qui monta au ciel dans un char de feu
(2 Rois 2: 10-11); ni comme Enoch qui “ne fut plus, parce que Dieu le prit” (Genèse 5: 24). Quant à Notre-Seigneur, Il monta par sa propre puissance, sans l’aide d’aucune force extérieure.
Ainsi qu’il ressuscita par sa propre puissance, sans que personne ne le ressuscite, de même il monta au ciel par sa propre puissance.
La puissance de l’Ascension était en lui, de même que la puissance de la Résurrection; et dans les deux cas, sa gloire fut manifestée.
LA MANIERE DE L’ASCENSION
Elle a été une ascension corporelle, avec la nature humaine:
Car la nature divine ne monte pas et ne descend pas. La nature divine remplit tout, existe dans le ciel et sur la terre, et partout. Comment donc la nature divine montera-t-elle au ciel tandis qu’elle y est, et comment donc quittera-t-elle la terre tandis qu’elle est sur la terre pendant son Ascension? Il est donc absolument nécessaire qui nous disions que Notre-Seigneur est monté avec la nature humaine (qui est unie avec la nature divine); et c’est ce que nous Lui disons dans la prière de la messe grégorienne: “et lors de votre Ascension corporelle au ciel”.
L’Ascension du Seigneur a été sur les nuages:
“il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux.” (Actes 1:9)
Il monta en gloire sur une nuée, de la même manière qu’il viendra dans son second avènement, aussi en gloire sur les nuages. C’est ainsi qu’il dit aux principaux sacrificateurs pendant son jugement avant la crucifixion: “vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel” (Matt. 26:64). Cette expression ajoute que parmi les gloires de l’Ascension, il y avait l’assise à la droite du Père.
Les nuages dans la Sainte Bible représentaient la gloire et la survenue de la gloire du Seigneur. Dans l’histoire de la bénédiction des soixante-dix vieillards comme assistants du prophète Moïse, le Seigneur dit de Moïse: Alors le Seigneur descendit sur une nuée et lui parla. Quant la tente d’assignation fut complètement dressée, l’intuition divine dit: “Alors la nuée couvrit la tente d’assignation, et la gloire de l’Eternel remplit le tabernacle. Moïse ne pouvait pas entrer dans la tente d’assignation, parce que la nuée restait dessus, et que la gloire de l’Eternel remplissait le tabernacle.” (Exode 40: 34-35)
Dans le Nouveau Testament avant le miracle de la Transfiguration: “Et de la nuée sortit une voix, qui dit: Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-le” (Marc 9:7).
IL NE NOUS QUITTA PAS
DANS SON ASCENSION
Notre-Seigneur Jésus-Christ était corporellement avec ses apôtres….. puis Il monta au ciel, mais sans les quitter.
L’Ascension du Seigneur au ciel, n’a pas été une séparation de l’Eglise sur la terre.
Le Seigneur ne s’était ni séparé de l’Eglise, ni l’avait quittée, ni l’avait abandonnée; car Il a dit: “Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde”
(Matt. 28:20). Il dit aussi: “Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux”
(Matt. 18:20). Il est donc avec nous dans l’Eglise, et en toute assemblée spirituelle, et sur l’Autel en toute messe. Il est “Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. (Matt. 1:23).
Le livre de l’Apocalypse nous présente une image édifiante de Notre-Seigneur Jésus-Christ au milieu des sept églises, tenant sept étoiles dans sa main droite, qui sont les pasteurs des sept églises. (Apoc. 2:1)
De même, Il demeure en nous, et nous en Lui (Jean 17). Aussi Il habite dans nos cœurs par la foi (Eph. 3:17).
Seulement Il est avec nous d’une manière invisible.
Car dans les dons du Nouveau Testament, nous sommes devenus spirituellement dans un état adulte, nous vivons selon la parole du Seigneur: “Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru” (Jean 10:29). Nous croyons que Dieu existe avec nous, sans le voir, et nous croyons à l’existence du Saint-Esprit en nous, sans le voir, il suffit que nous voyions son œuvre et que nous sentions sa main dans notre vie.
Le Christ est avec l’Eglise dans un niveau supérieur aux sens, plus élevé que le niveau des choses visibles… Nous ne le voyons pas de nos yeux, mais nous croyons qu’il est avec nous par la foi, et “la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas.” (Hébreux 11:1)
Le Christ disparut de la vue des apôtres dans son Ascension; mais Il ne disparut pas de leurs âmes. Ce fut une disparution et non pas une séparation. Ce fut une opération de sevrage des sens, afin que l'ậme se nourrit de la foi, et ne restât pas sous la domination des sens.
Avant que les apôtres ne soient mûris spirituellement, Il leur permettait de voir et de toucher, et de vivre en comptant sur les sens du corps. Tandis qu’après leur maturité, et après la survenue du Saint-Esprit sur eux, ils devront donc percevoir par la foi.
C’est comme s’il leur disait: “Vous n’avez plus besoin maintenant de me voir corporellement, vous êtes maintenant dans le stage de la maturité, vous me voyez par l’esprit; et les apôtres ne sentirent jamais que le Christ les avait quittés effectivement. Que cette pensée soit donc dans nos cœurs.
UN SEVRAGE
L’Ascension de Notre-Seigneur au ciel fut une opération de sevrage pour les apôtres:
Ils s’étaient habitués pendant qu’ils suivaient le Seigneur quand Il était parmi eux corporellement, à se confier en Lui en toutes choses sans rien faire. C’était Lui qui faisait les miracles, Lui qui répondait à ceux qui l’opposaient, tandis que les apôtres se tenaient comme spectateurs qui simplement le suivaient, apprenaient de Lui, en méditant.
Mais maintenant, après l’Ascension, il était temps qui’ils soient sevrés, et qu’ils assument eux-mêmes toutes les responsabilités spirituelles: faisant de toutes les nations des disciples…… et leur enseignant à observer tout ce qu’il leur avait prescrit (Matt. 28) et répondant à ceux qui les opposaient, en supportant les peines dans l’œuvre de la prédication.
Le sevrage des apôtres par le Seigneur ne signifiait absolument pas qui’il les avait abandonnés, mais plutôt la proclamation de leur développement et de leur maturité, et de leur prise en charge de la responsabilité.
Le Christ passa quarante jours avec ses apôtres leur parlant des choses qui concernent le royaume; mais Il ne prolongea pas les quarante jours, ceci suffisait. Maintenant Il monte au ciel et les laisse servir. Ce n’était pas une surprise, mais ils avaient dix autres jours devant eux pour qu’ils s’y préparent, en attendant la survenue du Saint-Esprit sur eux.
Avec les quarante jours, la période de la préparation pour le service et la période de la croyance par les sens, furent terminées.
Servez donc, et que chacun dise: “Seigneur, je sens que Vous êtes avec moi, et je sens que votre parole est dans ma bouche. Je servirai, mais non pas avec ma nature humaine, mais avec votre Esprit, Vous me donnerez ce que je parlerai, je ferai des miracles, mais par votre puissance à Vous.”
Le Seigneur était comme l’aigle qui enseigne ses petits à voler.
Quand ils grandissent ou qu’ils deviennent mûrs, il les portent sur ses ailes, puis les jettent dans l’espace, et monte loin d’eux, afin qu’ils bougent leurs ailes, et qu’ils apprennent à voler. En tout cela, il ne les abandonne pas, mais plutôt il les observe et vient à leur secours s’ils rencontrent quelque danger.
Ou bien comme un père qui enseigne son fils à nager, qui le porte sur ses mains, puis le laisse dans l’eau après lui avoir appris à nager, afin qu’il puisse nager seul et qu’il expérimente l’eau. En cela il ne l’abandonne pas, mais il demeure près de lui pour l’aider toutes les fois qu’il en aurait besoin.
C’était ainsi que le Seigneur avait entraîné ses apôtres durant plus de trois années, et les avait aussi envoyés pour un entraînement pratique (Matt. 10). Puis la période d’entraînement étant terminée, Il monta au ciel, les laissant travailler eux-mêmes et accomplir leur mission, en étant avec eux tous les jours et jusqu’à la fin des siècles.
L’Ascension fut la fin de la période d’entraînement, et la proclamation du commencement du service.
C’est pourquoi Il dit avant son Ascension: “vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins…” (Actes 1:8). Et Il dit: “Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création” (Marc 16:15). Il dit aussi: “Allez, faite de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit (Matt. 28: 19-20).
L’ASCENSION
ET LA GRAVITE TERRESTRE
Certaines personnes pourraient demander: Est-ce que le Seigneur avait dépassé la loi de la gravité terrestre dans son Ascension?
Pour répondre à cette question, nous mentionnerons deux points importants:
a) Dieu a établi les lois naturelles pour que la nature leur soit soumise, et non pas pour que Lui leur soit soumis! Y avait-il donc un miracle? Là nous répondrons:
b) Cela est un miracle par rapport à nous, quand nous voyons Notre-Seigneur monter vers le haut avec son corps vers le ciel. Mais c’est effectivement une chose naturelle par rapport au corps glorieux avec lequel le Seigneur était ressuscité.
Donc, le miracle de l’Ascension ne consistait pas dans le triomphe sur les lois de la gravité terrestre, mais le miracle consistait dans ce corps glorieux céleste, qui pouvait monter vers le haut. C’était donc une sublimation de la nature, et non pas une contrariété avec elle. C’était un genre de transfiguration de la nature du corps.
Si un corps matériel monte vers le ciel, nous dirons que cela est contre les lois de la gravité terrestre, mais qu’un corps glorieux céleste monte, cela est un fait qui s’accorde avec la sublimité de la nouvelle nature que le corps prend dans la Résurrection, et devient un corps spirituel car “la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu”
(1 Cor. 15-50).
Vraiment le miracle, c’est le corps de la Résurrection ou le corps de l’Ascension.
Le Christ Notre-Seigneur est monté vers le ciel avec un corps glorieux, qui s’est élancé vers le haut, n’étant absolument pas soumis aux lois de la gravité terrestre.
C’est un corps dans lequel il n’y a pas le poids de la matière qui attire vers le bas… mais qui a une autre nature glorieuse qui peut monter vers le haut.
En vérité le Christ Notre-Seigneur est ressuscité avec un corps glorieux, qui a pu sortir du sépulcre fermé, et a pu entrer dans le lieu où se trouvaient les disciples, les portes étant fermées
(Jean 20: 19-26). Mais les disciples n’étaient pas
certains de cette gloire de son corps, parce qu’ils croyaient voir un esprit, puis parce qu’ils le touchèrent, et parce qu’Il était condescendu pour manger avec eux (Luc 24: 37-43).
Mais dans l’Ascension, ils entrèrent dans la profondeur de la foi en ce corps glorieux, qui avait attiré leurs regards vers le haut, tellement que les deux anges leur dirent: “pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel?” (Actes 1: 11).
Le miracle de l’Ascension est la transformation du corps matériel en un corps spirituel, un corps céleste, un corps glorieux, qui peut monter vers le haut. Ceci est ce qui arrivera à nous aussi à la Résurrection, quand nous serons glorifiés avec Lui, et que nous serons ressuscités incorruptibles, quand nous serons ressuscités pleins de force et de gloire (1 Cor. 15: 42-44). Ceux qui seront en vie sur la terre au moment de la Résurrection, seront changés en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette, et ce corps corruptible revêtira l’incorruptibilité
(1 Cor. 15: 52-53). “Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur (1 Thessaloniciens 4: 17).
L’apôtre nous annonce que le Seigneur “transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire,” (Philippiens 3: 21); c’est-à-dire que nous serons ressuscités avec des corps glorieux.
Il explique ceci en détail dans le chapitre de la Résurrection (1 Corinthiens 15), comment notre corps mortel revêtira l’immortalité, et que le corruptible revêtira l’incorruptibilité. Nous ôterons le corps terrestre animal, pour revêtir un corps spirituel, lumineux, céleste (1Corinthiens 15: 41-50).
L’Ascension constitue les arrhes de notre ascension.
Comme la Résurrection de Notre-Seigneur constitue les arrhes de notre résurrection, Lui étant “les prémices de ceux qui sont morts” (1 Cor. 15: 20), “et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ” (1 Cor. 15: 22).
Ainsi au sujet de l’Ascension, nous l’entendons dire:
“Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi” (Jean 12: 32). Sur les nuées, au ciel, et avec un corps glorieux, nous serons toujours avec le Seigneur, en la céleste Jérusalem, l’habitation de Dieu avec les hommes… (Apoc. 21: 2-3); à un niveau supérieur à la matière et aux sens, à la ressemblance de son corps glorieux, parmi la multitude de ses saints…, là où nous serons glorifiés avec Lui (Romains 8: 17); quand nous serons ressuscités glorieux (1 Cor. 15: 43).
Dans l’image de l’Ascension, nous avons reçu les arrhes du corps glorieux qui monte au ciel.
Ceci demeure notre espoir, que Dieu nous délivrera de la matière et de son influence. Notre corps ne sera plus matériel, pour l’éternité, mais nous revêtirons le corps spirituel, par la rédemption de nos corps (Romains 8: 23). Mais quel est le chemin qui mène à la gloire que nos corps obtiendront?
Le chemin qui mène à la gloire de nos corps, c’est la mort d’abord, puis la résurrection. C’est pourquoi nous ne craignons pas la mort. Par la mort nous nous débarrassons de la matérialité du corps, et par la mort nous revêtissons la spiritualité du corps glorieux.
Si nous demeurons dans ce corps, nous demeurerons dans la matière, mais si nous ôtons cette matière par la mort, nous serons dignes de la spiritualité du corps dans l’éternité. Qui de nous désirerait demeurer dans la poussière, sans être changé à la gloire?!
L’ASSISE A LA DROITE DU PERE
Cette assise est citée dans l’Ancien et le Nouveau Testament:
Dans l’Ancien Testament, nous lisons dans les psaumes: “Parole de l’Eternel à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied” (Ps. 110: 1). Là, dans cette assise, il l’appelle Seigneur, avec la gloire de la conquête de ses ennemis.
Et dans le Nouveau Testament, l’histoire de l’Ascension est racontée dans l’Evangile de St. Marc: “Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s’assit à la droite de Dieu” (Marc 16: 19).
Cette assise apparut dans l’histoire du martyre de St. Etienne, le premier diacre, quand il dit: “Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu”
(Actes 7: 56).
Les allusions à son assise à la droite du Père sont nombreuses dans l’épître aux Hébreux, dont: “et qui …… a fait la purification des péchés et s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts, devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur” (Romains 1: 3). (voir aussi Heb. 8: 1, et Heb. 12: 2).
Là nous demandons quelle est la signification de l’assise à la droite du Père?
Dieu n’a ni droite ni gauche, car Il est sans limites. De même il n’y pas d’espace vide à sa droite pour que quelqu’un s’y assied, car Il remplit tout. Mais le mot droite signifie la puissance, la majesté et la justice, comme il a été dit dans le psaume: “La droite de l’Eternel est élevée! La droite de l’Eternel manifeste sa puissance!” (Ps. 118). Le sens est que le Christ est assis dans la majesté et la puissance du Père.
Une autre signification que nous comprenons de l’Ascension:
LA FIN DE L’EXPRESSION:
IL S’EST DEPOUILLE LUI-MEME
L’expression il s’est dépouillé lui-même qui a été dite de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Philippiens 2: 7), s’est terminée dans la glorieuse Ascension. Il est maintenant dans sa gloire.
Il s’était dépouillé lui-même quand il s’est incarné, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes (Phil. 2: 7). Mais après son Ascension, il est entré dans sa gloire; et l’expression “il s’est assis à la droite du Père” signifie qu’il s’est établi, qu’il est dans une gloire perpétuelle, dans lequel il n’y a plus de dépouillement. …. Ce dépouillement par lequel il est né dans une mangeoire de bœufs, et vécut pauvre n’ayant pas où reposer sa tête, “Homme de douleur et habitué à la souffrance” (Esaїe 53:3).
Voilà pourquoi quand il viendra dans son second avènement, il viendra “avec puissance et une grande gloire” (Matt. 24: 30), “dans sa gloire, avec tous les anges”
(Matt. 25: 31). Plutôt il a été dit: “Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.” (Matt. 16: 27)
Saul de Tarse le vit dans sa gloire avant son second avènement (Actes 9: 3); De même Jean le vit “et son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans sa force” (Apoc. 1: 16).
L’expression : “s’est assis” signifie l’établissement et la perpétuité, car il est éternellement dans sa gloire.
Il ne viendra pas dans son second avènement pour faire retomber sur lui l’iniquité de nous tous (Esaїe 53: 6),
(Jean 1: 29), et pour “devenir péché pour nous” (2 Cor. 5: 21), comme cela est arrivé dans son premier avènement, mais il viendra comme Justice absolue, pour guider l’armée des vainqueurs.
Nous lui disons dans son Ascension vers le ciel: “la terre n’est pas le lieu où vous reposerez votre tête, mais la terre est votre marchepied”.
Vraiment cette terre ne mérite pas que vous la fouliez de vos pieds; et nous sommes la poussière de cette terre. Qui donc sommes-nous devant Vous? Rien…..
Quand nous nous humilierons ainsi devant Lui, nous pourrons être élevés vers Lui, car “quiconque s’abaissera sera élevé”
(Mattieu 23: 12).
MEDITATIONS SUR L’ASCENSION
L’Ascension donne l’esprit d’espérance.
Qui aurait pensé durant les souffrances de la crucifixion, et ce qu’’il y avait d’humiliation et de mépris, que cela se terminerait par cette gloire dans la Résurrection, dans l’Ascension et dans l’assise à la droite du Père?! Ceci ne nous donne-t-il pas la plénitude de l’espérance pendant les afflictions; et alors nous nous rappelons qu’après les chagrins du Golgotha, il y a les réjouissances de la Résurrection et les gloires de l’Ascension.
Tout le problème consiste dans le besoin de la foi et de la confiance, et dans la patience.
Il existe des gens qui, lorsque les afflictions leur arrivent, elles les avalent, et leurs âmes demeurent prisonnières à l’intérieur des afflictions, comme s’il n’y avait pas de salut!!
La vie de ceux-là se termine au Golgotha, dans le désespoir sans espérance. Si l’histoire du Christ s’était terminé par sa crucifixion, nous aurions été les plus malheureux du monde.
Mais nous nous réjouissons parce que l’histoire de la crucifixion, fut suivie par la Résurrection, puis l’Ascension. Il a été possible de briser la mort dans la Résurrection, mais le Christ était encore sur terre. Mais dans l’Ascension, Il s’est élevé dessus la terre en gloire vers le ciel.
Le miracle de l’Ascension nous donne une sorte d’espérance en deux points:
Le premier est pour ceux qui avaient été scandalisés par la crucifixion du Seigneur, et par les humiliations et les souffrances qui l’avaient accompagnée. La réponse fut dans la gloire de la Résurrection, puis dans la gloire de l’Ascension. C’est ainsi que la foi revint aux gens qui avaient cru que tout s’était terminé par la croix; et nous avons acquis l’espérance qu’après toute croix, il y a une Résurrection et une Ascension. C’est cette espérance qui accompagnait les martyrs et les confesseurs en toute génération.
Le deuxième côté de l’espérance c’est que nous aurons la pareille: et de même que le Christ est monté au ciel avec un corps glorieux, nous aussi nous aurons des corps glorieux
(Phil. 3: 21); et de même qu’une nuée le prit de la vue des disciples dans sa Résurrection, ainsi au dernier jour, nous irons avec Lui dans les nués, dans la gloire de Notre-Seigneur Jésus-Christ avec tous ses saints (1Thess. 3: 13), quand le Seigneur viendra “avec ses saintes myriades pour exercer un jugement contre tous” (Jude 15-16), quand Il viendra “avec les nuées, et tout œil verra” (Apoc. 1:7). “Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur” (1 Thess. 4:17). ….. Vraiment combien grande est cette espérance!
Cette espérance nous apprend la patience et l’attente du Seigneur.
Premièrement la patience dans l’accomplissement des promesses du Seigneur; la patience dans les souffrances de la croix, jusqu’à ce que s’accomplissent les gloires de la Résurrection et les gloires de l’Ascension.
La patience dans l’Ascension et notre abandon par le corps du Seigneur, jusqu’à ce que s’accomplit la parole des deux anges aux apôtres “Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel” (Actes 1: 11).
Pareillement aussi, la patience que les apôtres patientèrent dans l’attente de la promesse du Seigneur à eux, de leur envoyer le Saint-Esprit. C’est une patience dans l’espérance qui est pleine de joie et de foi dans l’accomplissement des promesses du Seigneur; comme dit l’apôtre “Réjouissez-vous en espérance” (Romains 12:12).
L’Ascension du Seigneur comprenait trois promesses:
Quant à la première promesse, c’était l’envoi du Saint-Esprit pour qu’il soit avec nous pour l’éternité. C’est ainsi qu’il leur avait dit à l’avance “Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai” (Jean 16: 7). Et il en fut ainsi, et il leur envoya le Saint-Esprit dix jours après son Ascension
Quant à la deuxième promesse, c’est sa parole à eux: “Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous”
(Jean 14:18). Et aussi sa parole: “Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Matt. 28: 20). Il a réalisé cette promesse aussi, et ne cesse de la réaliser. Saint Jean le bien-aimé le vit au milieu des sept églises (Apoc. 1: 13, 20) tenant dans sa main droite les anges des sept églises, c’est-à-dire leurs pasteurs (Apoc. 2: 1).
Quant à la troisième promesse, c’est sa parole à ses apôtres:
“Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi” (Jean 12: 32).
Il nous attirera pour que nous montions avec lui vers le ciel, comme il a dit: “Je vais vous préparer une place, et lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi (Jean 14: 2-3).
C’est donc une promesse qu’il sera avec nous, et que nous serons avec lui, sur la terre et au ciel. Sur la terre “voici, je suis avec vous tous les jours et “là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux” (Mattieu 18: 20). Et dans le ciel, “afin que là où je suis, vous y soyez aussi” (Jean 14: 2-3). Et comme l’apôtre saint Paul dit: “nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur” (1 Thess. 4:17). …... Combien grande est cette gloire!
Il dit à ses apôtres “vous serez avec moi” non sur la terre, mais au ciel. Mais, sur la terre, préparez-vous pour être avec moi au ciel.
J’étais avec vous quand je m’étais dépouillé, et vous serez avec moi quand j’entrerai dans ma gloire.
Quiconque comprendra cette vérité, et qu’il sera avec le Seigneur dans l’image de son corps glorieux, se respectera nécessairement, et ne dégradera pas son âme par le péché, mais plutôt il la préparera pour qu’elle hérite le royaume.
Ceux qui sont attachés avec la poussière et avec la matière et avec la terre, et ceux qui aiment le monde, n’hériteront pas cette gloire avec le Seigneur dans les nuées et au ciel.
QUELQUES CONSEILS
A L’OCCASION DE L’ASCENSION
Par son Ascension, le Seigneur a aussi attiré nos vues et nos cœurs vers le ciel:
C’est pourquoi il a été dit de l’Ascension du Seigneur au ciel: “Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait..” (Actes 1: 10).
C’est là une des leçons du ciel, d’avoir les regards fixés vers le ciel, là où le Seigneur est monté, et vers le ciel duquel il viendra à nous dans son second avènement; et aussi ayant les regards fixés vers le ciel où tous nos espoirs et nos émotions se concentrent en tout temps, dans son royaume céleste, comme dit le Seigneur: “Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur” (Matt. 6: 21).
Malheureux sont ceux dont tous leurs trésors sont sur la terre, et pour cela tous leurs désirs et leurs espoirs y sont. Quand ils quitteront la terre, ils ne trouveront rien.
Quant aux enfants de Dieu, ils vivent toujours ayant les regards fixés vers le ciel avec lequel leurs cœurs et tous leurs désirs sont attachés.
Que nos pensées puissent donc s’élever toujours vers le ciel.
Que toutes s’élèvent pour être avec le Seigneur, elles et tous les désirs de nos cœurs et tous nos sens spirituels; et comme dit l’apôtre saint Paul “nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles;car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles” (2 Cor. 4: 18).
Si nous demeurons les yeux fixés vers le ciel, regardant aux choses invisibles, tout notre trésor étant devenu dans le ciel, alors nous dirons avec l’apôtre “j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur” (Philippiens 1: 23).
Pendant la fête de l’Ascension, il est nécessaire que nos pensées s’élèvent vers le haut, pour contempler le ciel vers lequel le Christ est monté.
Dans l’assise à la droite du Père, et dans notre contemplation du ciel, nous nous souvenons de la parole du Seigneur “Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur”
(Matt. 6: 21).
Que votre trésor soit donc dans le ciel; et puisse toute personne s’entraîner à la bénédiction de l’Ascension dans sa vie, et s’élèver du niveau matériel au niveau spirituel, en élevant ses désirs du niveau du corps au niveau de l’amour de Dieu.
Car celui qui s’élève par son cœur et par sa pensée du niveau de la terre et des choses terrestres, celui-ci méritera de monter et d’être avec le Christ.
Quant à ceux qui s’attachent à la terre et à la matière, comment monteront-ils?
Il est clair, même du côté matériel: qu’au fur et à mesure que l’homme monte vers le haut, la terre devient petite à ses yeux, et tout ce qu’elle contient devient minime, jusqu’à ce qu’elle devienne rien.
La fête de l’Ascension nous donne aussi le principe de l’Ascension.
Car la vie spirituelle, où la vie avec le Seigneur, est une ascension perpétuelle, un grandissement continuel vers le haut, jusqu’à ce que nous arrivions à la vie de perfection. La vie spirituelle est une perpétuelle liaison avec le ciel.
Le clocher de l’église nous donne une idée de la direction vers le haut, vers le ciel, et de l’ascension au-dessus du niveau de la terre et des choses terrestres.
LA CONTEMPLATION
DE LA GLOIRE DE DIEU
Aussi dans l’Ascension du Seigneur, nous pouvons contempler sa majesté et sa gloire.
Ceux-là qui se moquaient en disant: “Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix.
Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! S’il est roi d’Israël, qu’il descende de la croix, et nous croirons en lui.
Il s’est confié en Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. Car il a dit: Je suis Fils de Dieu.” (Matt. 27: 40-43).
Son Ascension était une fortification de la foi des apôtres qui avaient eu peur au moment de sa crucifixion et pendant son arrestation. La gloire du Christ dans son Ascension fut la réponse aux juifs qui voyaient dans la croix un scandale, et aux païens qui voyaient une folie dans la croix. Quant à nous, nous voyons la puissance de Dieu dans la croix (1 Cor. 1: 23).
L’Ascension fut l’assertion de la gloire qu’ils avaient vue sur le mont de la Transfiguration, et qu’ils avaient oubliée.
Nous croyons donc, non seulement au Christ qui fut né dans une mangeoire de bœufs mais aussi au Christ qui monta avec les nuées dans le ciel. Nous ne croyons pas seulement au Christ crucifié, mais aussi nous croyons en Lui assis à la droite de son Père, sur le trône de la majesté dans les lieux-hauts.
Ainsi nous avons une idée compréhensive, de la Nativité et la Croix que complètent les gloires de la Transfiguration et la Résurrection et l’Ascension.
Plusieurs prennent l’amour de Dieu, son humilité, sa douceur et son pardon, comme sujets de contemplation. Ceci est bien et utile. Y a-t-il donc des intérêts spirituels quand nous contemplons la gloire et la majesté de Dieu? Certainement, ce sont là de nombreuses sources de spiritualité.
A - La contemplation de la gloire de Dieu nous conduit à la révérence.
Certains pourraient être amenés à la légèreté, par les sentiments non contrôlés de l’amour, disant en tout déréglement et en tout désordre, que Dieu est très miséricordieux et compatissant, et il pardonnera nécessairement, comme si le pardon n’était pas soumis à des conditions de pénitence et de contrition. Nous avons besoin des sentiments de révérence, quand nous contemplons la gloire et la majesté de Dieu…Dieu l’incommensurable, l’incompréhensible, qui est la lumière que nul ne peut approcher, devant qui les anges et les archanges s’agenouillent pour l’adorer … devant qui les chérubins et les séraphims se tiennent en révérence, et se couvrent la face par deux ailes, et se couvrent les pieds par deux ailes … L’Ascension plante dans nos cœurs des sentiments de révérence.
Les juifs avaient exploité l’amour et la longanimité de Dieu d’une manière fausse. Ils avaient exploité la douceur du Christ pour l’injurier et le crucifier. Il a fallu nécessairement que tout le monde sache la gloire du Seigneur pour croire en lui. Cette gloire apparût dans l’Ascension et dans plusieurs visions.
B - L’Ascension plante aussi en nous la crainte et l’obéissance.
Nous avons besoin des deux. Car sans elles on ne peut pas parvenir à l’amour parfait qui bannit la crainte (1 Jean 4: 18); et sans elles nous ne pourrons pas parvenir à la pureté du cœur par laquelle nous verrons Dieu (Matt. 5: 8).
La crainte est le commencement de la sagesse, et de la voie spirituelle; car ceux qui n’ont pas la crainte de Dieu, pourraient être conduits à la légèreté et à l’indifférence qui les feraient commettre le péché sans pudeur.
La gloire de Dieu conduit à la crainte. Celle-ci conduit à la vie de prudence et d’exactitude, et à la pureté et la pénitence.
Afin de penser convenablement, comme nous voyons le Christ bienveillant entrer dans Jérusalem monté sur un ânon, il nous faut le voir aussi sur les nuées.
Le Dieu charitable, miséricordieux et compatissant qui parle à voix douce et basse à Elie, c’est le même Dieu qui trône sur les chérubins, qui marche sur les ailes des vents, que les anges cachent leurs visages à cause de la magnificence de sa gloire.
En nous souvenant de sa gloire dans l’Ascension, nous mentionnons sa parole à Nicodème “Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel” (Jean 3: 13).
Le ciel n’est donc pas nouveau pour lui dans son Ascension, mais plutôt le ciel est sa demeure originelle, et son assise à la droite du Père de même.
C’est pourquoi il dit à ses apôtres: “Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père” (Jean 16: 28).
Ainsi tout le monde comprennent par là, l’humilité de son Incarnation et de son dépouillement, à côté de sa vraie majesté et sa filialité à Dieu.
C – Cette méditation plante de profonds sentiments dans nos cœurs, dont:
1 – Nous sentons du repos et de la quiétude, étant l’objet des soins providentiels du Dieu aussi majestueux, contre qui toute grandeur n’a aucune valeur. C’est ainsi que nous avons confiance dans sa promesse à l’Eglise “les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle”
(Matt. 16: 18); et sa parole: “Toute arme forgée contre toi sera sans effet” (Isaïe 54: 17); et sa parole à saint Paul: “Ne crains point; ….. Car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal” (Actes 18: 9-10).
C’est ainsi que nous sommes réconfortés par la majesté du Seigneur, et que nous nous y réfugeons.
2 – La contemplation dans la majesté du Seigneur nous conduit à la vie d’humilité et à la glorification du Seigneur. Qui sommes-nous donc devant celui-là qui monte au ciel, qui est assis à la droite du Père (Ps. 110: 1) (Actes 7: 56) (Héb. 1: 3) …. “Si Dieu n’a pas confiance en ses serviteurs, S’il trouve de la folie chez ses anges” (Job 4: 18).
C’est alors que nos âmes deviendront contrites, et que nous apprendrons l’humilité; et quand nous contemplerons la majesté du Seigneur dans son Ascension et son assise à la droite du Père, nous lui dirons humblement: Seigneur, le ciel est votre trône sur lequel vous êtes monté (Matt. 5: 34). “Ton trône, ô Dieu, est éternel; Le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité” (Héb. 1: 8). Quant à nous, nous sommes poussière. C’est un grand amour de votre part, que de nous attirer vers vous, pour être avec vous et avec vos anges. Vraiment vous êtes celui qui “De la poussière il retire le pauvre, du fumier il relève l’indigent, pour les faire asseoir avec les grands, avec les grands de son peuple” (Ps. 113: 7).
Dans l’histoire de l’Ascension, nous avons besoin de comprendre quelque chose de la gloire de Dieu, et de le craindre, afin d’être mortifiés devant lui, et de nous humilier, car nous sommes poussière et cendre ….
Voilà pourquoi nous élevons nos regards vers le ciel dans nos prières, et nous prions notre Père qui est dans le ciel, quoiqu’il existe partout. Mais l’expression “qui êtes aux cieux” nous rappelle sa gloire, et nous rappelle du Christ qui est monté au ciel.
Ainsi, nous nous souvenons de Dieu Tout-Puissant et Très-Haut, dont le trône est le ciel, et la terre est son marche-pieds (Matt. 5: 34-35). Notre contrition pendant la prière nous est très utile.
LES DIX JOURS
Dans l’Ascension, nous contemplons la vertu de l’attente du Seigneur, comme les apôtres qui avaient attendu pendant dix jours.
Car le Christ est monté au ciel et a promis la venue du Saint-Esprit aux apôtres. Ensuite ils attendirent pendant dix jours, ne voyant pas le Seigneur avec eux, et le Saint-Esprit n’étant pas venu à eux. Mais ils avaient foi dans la promesse divine.
L’homme spirituel attend dans la foi, comme il a été dit dans le psaume:
“Espère en l’Eternel! Fortifie-toi et que ton coeur s’affermisse! Espère en l’Eternel!” (Ps. 27: 14).
Attendez l’action de l’Esprit en vous.
Soyez confiants que les dix jours que les apôtres avaient attendus, furent pour leur bien. Ce fut une sainte période pour préparer le cœur à la venue de l’Esprit-Saint.
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